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Culture

Mosaïque de 105 mètres carrés dans une ancienne ville de Turquie

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Mosaïque du IVe siècle découverte au centre d'une basilique de l'ancienne ville de Pompéipolis

Pompéiopolis, près de la mer Noire, dans le nord de la Turquie, a révélé une mosaïque du IVe siècle. Pompéiopolis était devenue un siège épiscopal au plus tard au Ve siècle, un lieu où un évêque chrétien exerçait son ministère. La grande mosaïque date précisément de la période de cette transformation. Les chercheurs soulignent que les 105 mètres carrés découverts jusqu'à présent ne représentent probablement pas sa surface définitive. Une partie du sol reste encore enfouie sous des couches de terre non explorées.

Une mosaïque ornée de motifs géométriques, datant du IVe siècle, a été découverte au centre d'une basilique dont les recherches archéologiques n'ont débuté qu'en 2025.

Pompéiopolis se situe près de la ville actuelle de Taşköprü, dans la province de Kastamonu, tandis que les ruines de l'ancienne cité reposent au pied de la colline de Zımbıllı Tepe, dans le nord de la Turquie. La ville fut fondée par le général romain Pompée le Grand en 64 ou 63 av. J.-C., après sa victoire sur le roi pontique Mithridate VI. Elle fut nommée en l'honneur de Pompée.

La basilique qui a changé de fonction

L'histoire du bâtiment où la mosaïque a été découverte est particulièrement intéressante. D'après les recherches archéologiques menées à ce jour, la première phase de sa construction remonte aux alentours de 150-160 av. J.-C., période durant laquelle Pompéipolis connut son apogée. Plusieurs siècles plus tard, le bâtiment acquit une nouvelle fonction. À la fin de l'Antiquité, il fut transformé et intégré à l'infrastructure chrétienne de la ville. Pompéipolis était devenue un siège épiscopal au plus tard au Ve siècle, c'est-à-dire un lieu où un évêque chrétien exerçait son ministère.

La grande mosaïque date précisément de la période de cette transformation. Les chercheurs soulignent que les 105 mètres carrés découverts à ce jour ne représentent probablement pas sa surface définitive. Une partie du sol demeure enfouie sous des terres encore inexplorées. C’est pourquoi, avant de poursuivre les fouilles, une attention particulière est portée à la documentation et à la conservation de la partie de la mosaïque déjà mise au jour.

Un autre objet intéressant a été découvert lors des fouilles de cette année : une tête en marbre d'Éros, le dieu grec de l'amour, datant de la seconde moitié du IIe siècle avant J.-C.

Tête d'Éros dans une basilique chrétienne

Un autre objet intéressant a été découvert lors des fouilles de cette année : une tête en marbre d’Éros, dieu grec de l’amour, datant de la seconde moitié du IIe siècle. La sculpture a été mise au jour dans le pastoforium, une pièce latérale attenante à l’autel de l’église primitive. Cela signifie qu’elle a été créée plus d’un siècle avant que l’édifice ne devienne un lieu de culte chrétien.

Cette découverte offre un aperçu intéressant de la manière dont les objets et les bâtiments anciens ont été adaptés aux nouvelles pratiques religieuses. Changer la fonction d'un bâtiment n'impliquait pas nécessairement la destruction des matériaux d'origine. Certains objets pouvaient être retirés de leur contexte initial et conservés ou réutilisés.

La tête d'Éros représente ainsi une sorte de lien entre la période romaine antérieure de la ville et sa phase chrétienne à la fin de l'Antiquité.

La ville cachée

Pompéiopolis est bien plus qu'une simple basilique. Les prospections géophysiques menées depuis 2005 ont révélé la présence, sous la surface, des ruines d'une cité antique entière. Au cours des fouilles, des rues, des édifices publics et deux théâtres ont été mis au jour.

L'un des théâtres a conservé des fragments de sièges en marbre et une façade de scène décorée, tandis qu'une inscription indique qu'il a été construit vers 150.

Une grande domus romaine est également étudiée sur ce site. Ce complexe résidentiel couvre environ 2 550 mètres carrés et s'organise autour d'une cour centrale avec un péristyle. Des sols luxueux en opus sectile ont été découverts dans certaines pièces, ainsi que des vestiges d'un système de chauffage par le sol, appelé hypocauste.

Les recherches archéologiques à Pompéipolis se poursuivent depuis 2006. Les fouilles de cette année se sont concentrées particulièrement sur la basilique de l'acropole et sur la poursuite de la conservation de la mosaïque de la villa romaine.