Une jeune étudiante française est de plus en plus désespérée alors qu'elle cherche des moyens illégaux pour avorter dans le drame émotionnel d'Audrey Diwan, qui a remporté samedi soir le Lion d'or au 78e Festival international du film de Venise. "'Happening' présente les expériences de Françaises qui souhaitaient avorter avant que la ministre française de la Santé de l'époque, Simone Veil, ne propose la loi légalisant l'avortement en 1975", écrit le média britannique "Screen Daily" à propos du film dans il est également interprété par l'actrice kosovare Luana Bajrami, désormais également connue comme réalisatrice avec "Lionnes des collines" – une coproduction franco-kosovare, entièrement tournée au Kosovo avec un casting d'acteurs locaux – qui a fait sa première mondiale au Festival de Cannes en juillet
Venise, 12 septembre (screendaily.com) – Alors que de nombreux gouvernements du monde entier adoptent des lois anti-avortement, le deuxième film d'Audrey Diwan est aussi pertinent qu'opportun. Cela ne veut pas pour autant dire que les quinze dernières minutes du film sont faciles à regarder. Adaptation du roman autobiographique d'Annie Ernaux, dans lequel elle revient sur son expérience d'étudiante de vingt-trois ans en 1963, le film "Happening" présente le vécu de Françaises qui ont voulu avorter devant le ministre de l'Éducation de l'époque. Santé en France, Simone Veil, pour proposer la loi légalisant l'avortement en 1975.
Des aiguilles à broder, des ciseaux et un outil des « médecins » pour l'avortement illégal appelé « bâton magique » sont présentés dans les scènes sanglantes, qui ne sont pas faciles à regarder sans se couvrir les yeux avec les mains. Pourtant, ces mêmes téléspectateurs diront que ces scènes sont à voir absolument ! Le message que tente de faire passer Diwan est clair : ces scènes montrent ce qu'Annie Ernaux a vécu, à vingt-trois ans, lorsqu'elle a failli mourir à cause des lois interdisant l'avortement. Les mêmes scènes se répéteront si les mêmes lois restent en vigueur.
Cependant, si « Happening » n’est pas diffusé et vu dans le monde entier, la raison ne sera pas seulement due au fait que les horreurs de l’avortement illégal sont présentées de manière très ouverte. Une grande partie du film menant au point culminant émotionnel ne met pas beaucoup de tension dramatique sur les épaules de l'actrice franco-roumaine Anamaria Vartolomei, qui a débuté sa carrière à l'âge de douze ans dans My Little Princess d'Eva Ionesco. Elle incarne habilement le personnage d'Anne, une étudiante en lettres qui est horrifiée lorsqu'elle se rend compte qu'elle est enceinte à la suite d'une brève rencontre. Bartolomei apparaît dans chaque scène du film, tourné dans un cadre claustrophobe (format 4:3), véhiculant une fusion d'émotions entre fragilité et détermination.

De gauche à droite : Anna Mouglalis, Anamaria Vartolomei, Audrey Diwan, Luana Bajrami et Louise Orry Diquero posent pour les photographes pour le film "Happening" au 78e Festival du Film de Venise, le lundi 6 septembre 2021 (Photo :AP)
Le public exprime de l'empathie envers Anne, mais en gardant ses distances ; tout comme la protagoniste elle-même, qui voit comme solution le repli sur elle-même jusqu'à ce qu'elle atteigne son objectif. Le seul moment où Anne apparaît ouvertement avec quelqu'un dans le film, c'est lorsqu'un pompier lui demande ce qui ne va pas, et elle répond : "Je me sens seule".
Peut-être dans l'intention de rester fidèle à sa source, le roman autobiographique d'Annie Ernaux, The Happening, retrace les événements des douze semaines qui ont précédé la crise finale, marquant chaque semaine d'un titre distinct. Cependant, grâce à cette présentation, le réalisateur Diwan et la scénariste Marcia Romano ont pu situer la grossesse d'Anne dans un contexte social plus large. Étudiante en littérature à l'Université d'Angoulême, Anne vit dans une résidence étudiante avec ses amies proches, Hélène (interprétée par l'actrice albanaise Luana Bajrami) et Brigitte (Louise Orry-Disquero). Anne est une étudiante et sa grossesse – confirmée par une personne sympathique mais incapable de l'aider – s'apparente à une condamnation à mort. "La grossesse est", selon Anne, "la maladie qui transforme les Françaises en femmes au foyer".
Une amie à qui Anne se tourne pour obtenir de l'aide répond en demandant des faveurs sexuelles, car étant enceinte, elle ne représente plus un danger pour lui, et comme elle a déjà eu des relations sexuelles, elle est à nouveau prête. Lorsqu'Anne parle de sa grossesse à ses amis proches, Brigitte lui répond qu'elle n'a pas d'argent pour s'impliquer, car quiconque aide à un avortement illégal est poursuivi par la loi. Alors après une brève visite chez ses parents qui ne peuvent pas l'aider, et un week-end épouvantable avec son compagnon, qui va de peu s'en sortir, Anne, déjà de plus en plus isolée, décide de pratiquer elle-même l'avortement avec une lance à broder chaude.
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A partir de là, le film dégénère en deux scènes sanglantes et difficiles à regarder dans le grenier de l'appartement d'un "médecin" avortant illégalement (interprété par Sandrine Bonnaire). Tout le reste, y compris l'objectif d'Anne de terminer ses études, sa passion pour l'écriture, sa détermination à ne pas être victime de la pression sociale, est remplacé par la douleur et l'agonie alors qu'elle essaie de ne pas pleurer dans le grenier sale aux murs de briques.
Une lente mélodie de piano accompagne les scènes des semaines où la vie et l'avenir d'Anne sont en question. Mais le plus remarquable du film est le fait que les années 60 sont montrées de manière minimaliste, ce qui ressemble beaucoup à la France provinciale d'aujourd'hui, à l'exception des cravates, des vestes et des chansons rock n' roll.
Tiré de "screendaily.com". Le titre appartient aux éditeurs. Traduit par : Croisière Sadiku