Le nombre de pays de l'Union européenne qui hésitent à approuver la libéralisation des visas pour les citoyens du Kosovo est en constante augmentation, affirment les analystes des questions d'intégration européenne.
Les Pays-Bas, l'Allemagne, la France et la Belgique sont quelques-uns des pays qui, selon les analystes, hésitent à donner leur accord à la levée des visas pour le Kosovo.
Le sentiment croissant contre la levée des exigences de visa dans ces pays a récemment incité les institutions kosovares à entreprendre des activités de lobbying afin d’obtenir un soutien pour le Kosovo.
Taulant Kryeziu de l'Institut du Kosovo pour la politique européenne (EPIK), dit de Radio Libre Europe que la volonté des États membres de l’UE de faire avancer la libéralisation des visas pour le Kosovo ne s’accroît pas, mais s’estompe plutôt.
« Lors du dernier vote sur la libéralisation des visas pour le Kosovo, l'Allemagne, la France et les Pays-Bas ont manifesté des hésitations, mais ce nombre est désormais passé à 10 ou 12. Si ces trois pays hésitent, l'obstacle est évident, car les petits pays ne peuvent pas bloquer ce processus. Je parle principalement des pays qui ne reconnaissent pas l'indépendance du Kosovo, car ils n'ont pas de pouvoir de blocage », souligne Kryeziu.
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Il souligne que sans un consensus de ces principaux États, il est difficile de faire avancer l'agenda du processus de libéralisation des visas pour le Kosovo, mais il ajoute que les autorités du Kosovo sont celles qui peuvent faciliter la prise de décision pour les pays de l'Union européenne.
« Le meilleur lobbying que nous puissions faire auprès des États membres de l’Union européenne est de parvenir à faire avancer notre agenda européen au Kosovo et d’avoir un levier pour aider et faciliter les États membres à finaliser la prise de décision politique au sein des deux organes législatifs : le Parlement et le Conseil », explique Kryeziu.

Le président de l'Assemblée du Kosovo, Kadri Veseli, ainsi que des députés des partis au pouvoir et de l'opposition, ont récemment multiplié leurs voyages dans les pays de l'Union européenne, comme cela a été dit, pour faire pression en faveur de la libéralisation des visas.
Emrush Ujkani, professeur de droit européen, explique à Radio Free Europe que les institutions auraient dû travailler un peu plus sur le lobbying, car il est connu que l'opinion n'est pas très bonne dans certains États membres de l'UE.
Il ajoute que depuis juillet, des efforts maximaux ont dû être déployés pour atteindre ces pays (France, Allemagne, Pays-Bas et Belgique) et changer leur position.
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« Je pense que récemment il y a eu une intensification, je dirais au cours des deux ou trois dernières semaines, mais personnellement je pense qu'il aurait fallu faire un peu plus, non seulement en termes de lobbying dans ces pays, mais il aurait fallu un meilleur climat politique interne, pour que bien sûr des phénomènes négatifs n'apparaissent pas, en particulier ceux qui attaquent l'État de droit, comme nous l'avons vu dans certaines affaires de ces derniers jours ou semaines », déclare Ujkani.
Les autorités de Pristina ont déclaré espérer que les États membres de l'Union européenne prendront une décision positive concernant la libéralisation des visas pour les citoyens kosovars d'ici la fin de l'année. Cependant, les responsables de l'Union européenne demandent constamment qu'aucune date de libéralisation ne soit communiquée.
Le professeur Emrush Ujkani souligne que sur le plan procédural, le temps n'est pas écoulé, mais sur le plan substantiel, il y a une dose d'hésitation.
Il ajoute que si l'on remarque qu'il y a une hésitation à donner le feu vert à une telle prise de décision, alors ils ne l'envoient pas au processus décisionnel, car comme le souligne Ujkani, « ce n'est pas un bon signal non seulement pour l'UE, mais aussi pour les citoyens du Kosovo ».
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« Je pense que les possibilités existent encore, car je sais bien sûr que le Conseil tiendra sa propre réunion, des réunions régulières. Ensuite, il y aura une réunion en décembre, où une décision sera prise. Encore une fois, concernant la procédure, je ne dis pas qu'il n'y a aucune possibilité, mais pour y parvenir, il faut procéder à des préparatifs qui, à mon avis, n'ont pas été suffisamment approfondis », déclare Ujkani.
Après la recommandation positive de la Commission européenne en juillet de cette année pour la libéralisation des visas et le vote en faveur de la libéralisation par le Parlement européen en septembre, le principal défi de ce processus pour le Kosovo reste le Conseil des ministres, où les ministres de l'Intérieur des États membres de l'UE donnent leurs évaluations.