Dans des contextes instables comme celui du Monténégro, il n'est pas surprenant que deux poids, deux mesures soient appliqués à des questions identiques, comme en témoigne l'action du ministère de la Culture et des Médias, qui approuve l'installation du buste du métropolite Amfilohije, tout en ne répondant pas favorablement à l'initiative des Albanais d'installer une plaque commémorative sur le lieu du crime à Rožaje où 21 citoyens albanais du Kosovo ont été tués par l'armée yougoslave en avril 1999.
En hommage aux 21 victimes albanaises du Kosovo tuées le 18 avril 1999 par l'armée yougoslave à Husaj, Rozhaja, à l'occasion du 25e anniversaire du massacre, leurs familles et le Comité monténégrin de juristes pour la protection des droits de l'homme ont adressé en 2024 une demande au ministère de la Culture et des Médias afin qu'une plaque commémorative portant les noms des personnes tuées soit apposée sur le lieu du crime, conformément à la procédure et aux dispositions légales.
Le silence moral et politique
Mais, au lieu de considérer une telle demande comme une simple formalité au service de la justice et en hommage aux victimes innocentes, le ministère de la Culture et des Médias est resté silencieux et n'a pas répondu.
Il ne fait aucun doute que le dépassement du délai légal de réponse témoigne non seulement d'un dysfonctionnement bureaucratique, mais aussi d'un silence moral et politique, du simple fait que les victimes étaient des citoyens albanais du Kosovo, tandis que les responsables étaient des soldats de l'armée yougoslave. L'absence d'autorisation pour l'installation de la plaque commémorative explique pourquoi celle-ci n'a toujours pas été réalisée, ce qui illustre le double discours des institutions gouvernementales à l'égard des Albanais.
Nous constatons à cette occasion que les Kosovars, réfugiés ayant fui la guerre au Kosovo pour trouver refuge, ont trouvé ici la mort. Ayant échappé à la terreur de l'armée et de la police serbes au Kosovo, ils ont été tués ici par des membres de l'armée yougoslave (serbo-monténégrine). Bien qu'un procès ait été intenté au Monténégro concernant cet acte criminel, le tribunal a acquitté les accusés (2014), démontrant ainsi qu'il est injuste de punir les meurtriers de citoyens coupables uniquement parce qu'ils appartenaient à une autre nation.
Monument métropolitain Amfillohija à Kollashin
Par ailleurs, le public a été informé que, suite à la demande de la municipalité de Kollashin concernant la construction d'un monument dédié au métropolite Amfillohije, la décision a été proposée par le ministère de la Culture et des Médias et approuvée lors de la réunion du gouvernement du 18 septembre 2025. Il est également annoncé qu'un monument similaire sera érigé à Berane.
Syndrome anti-albanais
Il ne fait aucun doute que cette position du ministère de la Culture et des Médias est motivée par des considérations politiques et témoigne d'une politique de duplicité. En effet, lorsque les Albanais sont concernés, leurs revendications sont étouffées ou rejetées, ce qui démontre que le syndrome anti-albanais persiste, même au sein du pluralisme, quel que soit le gouvernement en place. Les cas avérés jusqu'à présent confirment sans équivoque cette conclusion.
Le silence des ministres albanais
Concernant le refus du ministère de la Culture et des Médias d'installer la plaque commémorative à Rožaje, nous n'avons pas eu connaissance d'une quelconque réaction des ministres albanais du gouvernement monténégrin. En revanche, lors des discussions gouvernementales relatives à l'autorisation d'installer le monument du métropolite Amfilohije à Kollašin, il est avéré que les ministres albanais et bosniaque ne se sont pas prononcés, ce qui signifie qu'ils étaient opposés à cette décision.
Malgré la situation politique et sociale actuelle, une telle position est insuffisante car il y a eu un manque de réaction publique pour informer le public de leurs points de vue sur cette question, ce qui montre qu'il s'agissait d'une décision politique de l'actuelle majorité parlementaire, ce qui a irrité le public au Monténégro, car nous sommes confrontés à une double approche, ce qui est contraire aux principes démocratiques du monde civilisé.
conclusion
L'installation d'une plaque commémorative dédiée aux crimes de Husaj i Rozhaja est une question identitaire pour les Albanais, relevant de leur droit à l'autonomie. Tout gouvernement démocratique soutiendrait une telle initiative, non seulement par ses déclarations, mais aussi financièrement. Malheureusement, le gouvernement actuel prouve qu'il souffre d'un syndrome anti-albanais, même au sein du pluralisme. Si l'installation d'une plaque commémorative sur les lieux du crime, portant les noms des victimes, n'a pas été autorisée jusqu'à présent, il faut insister pour qu'elle le soit ultérieurement, car elle témoigne du crime commis contre des citoyens innocents du Kosovo.
Octobre 2025