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Encore une fois à propos du « Grand dictionnaire de la langue albanaise »

Au lieu de collaborer, les trois linguistes ont choisi le rejet et l'opposition, préjugant (je le répète : préjugant !) tout le processus de travail sur le dictionnaire dès le départ.

Au lieu de collaborer, les trois linguistes ont choisi le rejet et l'opposition, préjugant (je le répète : préjugant !) tout le processus de travail sur le dictionnaire dès le départ.

Afin d’éviter toute confusion et tout dilemme chez les lecteurs concernant les textes et les déclarations publiés dans le « Grand Dictionnaire de la langue albanaise », je me dois d’apporter les précisions suivantes :

Le premier point à l'ordre du jour de la réunion du 5 mars 2021 de la Section de linguistique et de littérature de l'Académie des sciences et des arts du Kosovo (ASHAK) était, comme je l'ai déjà mentionné, la nomination de représentants de la Section pour participer aux groupes de travail conjoints ASHAK-ASHSH chargés de l'élaboration des plateformes suivantes : Encyclopédie albanaise, Grand dictionnaire de la langue albanaise et Assemblée des études albanologiques. Ainsi, comme indiqué clairement dans le procès-verbal, lors de cette réunion, « R. Ismajli, B. Rugova et Sh. Munishi, représentants de la Section au sein du groupe de travail chargé de l'élaboration de la plateforme du Grand dictionnaire de la langue albanaise », ont été proposés et nommés. Ces trois linguistes n'ont pas été nommés pour donner leur « avis » sur l'éventuelle participation de l'ASHAK à ce projet, comme ils l'affirment dans leur lettre écrite quelques jours plus tard, mais bien pour être intégrés au groupe de travail chargé de l'élaboration de la plateforme. Lors de cette même réunion, Sabri Hamiti a été nommé représentant de la Section au sein du groupe de travail chargé de l'élaboration du cadre de l'Encyclopédie albanaise, tandis qu'Eqrem Basha, Ali Aliu et Kujtim Shala ont été nommés au sein du groupe de travail chargé de l'élaboration du cadre de l'Assemblée des études albanologiques. L'Assemblée des études albanologiques s'est tenue avec succès ; des universitaires et des chercheurs du Kosovo y ont également présenté des communications. L'Encyclopédie albanaise est un projet en cours d'élaboration.

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Deuxièmement, il n'est peut-être pas nécessaire de spéculer outre mesure sur ce que signifie « participation au groupe de travail chargé de l'élaboration de la plateforme », puisque cela implique que les travaux n'en étaient qu'à leurs balbutiements. En effet, l'Académie des sciences d'Albanie (ASHS), en tant que promoteur du projet, avait formulé trois propositions de plateforme. On imagine aisément que ces propositions auraient été modifiées et corrigées par celles de l'ASHAK, partenaire du projet. Par conséquent, les principaux arguments de la lettre de rejet, rédigée quelques jours après la proposition des trois linguistes de l'ASHAK, auraient facilement pu être présentés comme une proposition de plateforme émanant de la Section de linguistique et de littérature de l'ASHAK, si cette dernière les avait approuvées. Mais au lieu de coopérer, les trois linguistes ont opté pour le rejet et l'opposition, préjugant (je le répète : préjugant !) d'emblée de l'ensemble du processus d'élaboration du dictionnaire.

Troisièmement, affirmer que : « À la lecture des différentes contributions à ce texte, il apparaît que l’objectif est de compiler un “Grand Dictionnaire de la langue albanaise” à partir de dictionnaires existants, contenant tantôt 100 000 mots, tantôt 90 000. Le but principal est de s’appuyer sur l’expérience acquise en matière de compilation de dictionnaires, les méthodes de travail (collecte, sélection des mots, présentation et description, principes de normalisation), afin de créer un dictionnaire similaire aux précédents, mais avec un contenu plus étoffé », est une affirmation erronée. Après sa publication, il est impossible de confirmer s’il s’agit bien d’un « dictionnaire similaire aux précédents, mais avec un contenu plus étoffé », car personne n’a procédé à une telle évaluation, et encore moins avancé une telle affirmation avant le début de sa rédaction, sur la base de plusieurs contributions.

Quatrièmement, concernant le montage financier, le promoteur, en l'occurrence ASHSH, avait anticipé le coût potentiel du projet, sans toutefois en informer l'autre partie (ASHAK). La question de la contribution financière d'ASHAK à ce projet ne relevait ni des linguistes de l'Académie, ni de la Section de linguistique et de littérature, mais de l'institution académique et de ses instances décisionnelles. En ma qualité de président de l'Académie de l'époque, j'affirme sans hésitation que le projet conjoint ASHAK-ASHSH de « Grand Dictionnaire de la langue albanaise » bénéficierait d'un financement solide, comme ce fut le cas pour l'Encyclopédie albanaise.

Cinquièmement, dans leur lettre, les linguistes de l'ASHAK mentionnent « la création de l'Index national de la langue albanaise, sans lequel le travail de compilation ne peut commencer. Ce travail requiert une intervention de l'État. » Cette affirmation relève à la fois du déni et de l'impossibilité, car, en tant que linguistes, ils auraient dû savoir qu'un index lexical national ne se crée pas par une simple « action », même avec le soutien d'un État relativement riche. Dès lors, conditionner la compilation du dictionnaire à la création de cet index, les chances de le voir aboutir dans les vingt prochaines années seraient minimes. Ni l'Institut albanologique ni l'Académie n'ont entrepris la création d'un tel index, contrairement à l'Institut de linguistique de Tirana qui, depuis au moins soixante-dix ans, possède un index contenant environ deux millions d'unités lexicales.

Sixièmement, dans l'annexe à la lettre, les linguistes de l'Académie ont notamment écrit : « Dans ces circonstances, les membres de la section ont poursuivi leur travail, en grande partie bénévole, à la rédaction de documents pour le projet « Albanais écrit au Kosovo », conçu de manière à pouvoir être facilement intégré au projet de base du Corpus national de la langue albanaise. » En effet, les linguistes de l'Académie ont lancé le projet « Albanais écrit au Kosovo » il y a 21 ans, et il ne s'agit pas de dépenses « symboliques », comme ils le prétendent, ni d'un travail « plus bénévole », mais d'un coût financier d'environ 120 000 euros au total, pour un projet toujours considéré comme inachevé !

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