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Culture

Mozart comme source d'inspiration en temps de crise

Mozartéum

Le concert d'ouverture du festival met en vedette l'Orchestre Mozarteum de Salzbourg, fondé en 1841 avec l'aide de la veuve de Mozart, Constanze.

À travers l'histoire, le génie et la beauté de la musique de Wolfgang Amadeus Mozart ont souvent offert du réconfort en temps de crise, et continuent de le faire aujourd'hui. « En tant que compositeur, il est une figure emblématique, surtout en ces temps de surcharge et de polarisation », déclare Evelyn Meining, directrice artistique du Mozartfest de Wurtzbourg.

Quand le monde semble s'effondrer, les gens cherchent quelque chose sur quoi s'appuyer. 

« Aujourd’hui plus que jamais, alors que le monde est frappé par la crise et risque d’être englouti par la guerre, le désir d’unité se fait sentir », déclare Evelyn Meining, directrice artistique du Mozartfest de Wurtzbourg.

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À travers l'histoire, le génie et la beauté de la musique de Wolfgang Amadeus Mozart ont souvent offert du réconfort dans les moments de crise et continuent de le faire aujourd'hui. 

« En tant que compositeur, il est une figure majeure, surtout à une époque marquée par la saturation et la polarisation », explique Meining. C’est pourquoi le thème du plus grand festival Mozart d’Allemagne cette année est : « Beauté évocatrice : Mozart comme idole ».

Le concert d'ouverture du festival, avec la participation de l'Orchestre Mozarteum de Salzbourg, a démontré toute la puissance et l'émotion de la musique de Mozart. L'orchestre salzbourgeois a interprété l'avant-dernière symphonie du compositeur.

Le programme comprenait également des œuvres modernes de Maurice Ravel et de Sergueï Prokofiev, qui admiraient Mozart.

Ravel admirait Mozart comme « l’idole d’une époque révolue ». Selon Evelyn Meining, « il partageait avec Mozart la conviction que la musique devait enchanter ».

L'œuvre de Ravel, "Le Tombeau de Couperin", est un hommage au compositeur baroque François Couperin. 

« C’est une œuvre musicale d’une grande beauté, caractérisée par sa clarté, son élégance et sa ligne mélodique, tout comme la musique de Mozart », explique Meining.

Ravel a composé cette œuvre entre 1914 et 1917, pendant la Première Guerre mondiale, et l'a dédiée à ses amis tombés au combat.

Sergueï Prokofiev admirait également l'élégance des symphonies classiques de Mozart. Il composa son Deuxième Concerto pour violon au milieu des années 30. À son retour d'exil, il arriva en Russie sous le régime de Joseph Staline, une période marquée par des arrestations massives et des atrocités contre la population. Son Concerto pour violon, interprété en soliste par la violoniste chinoise Tianwa Yang, témoigne avec éclat de cette époque. De son début délicat à son final orageux, elle captiva le public par la beauté et la puissance expressive de son jeu, et fut accueillie par des applaudissements nourris.

Si la musique de Mozart est souvent perçue aujourd'hui comme belle et légère, elle est construite avec une précision extraordinaire et se révèle souvent difficile à interpréter. « À son époque, la musique de Mozart déconcertait, voire provoquait et bouleversait, le public », explique Evelyn Meining, citant en exemple les sonorités de plus en plus dissonantes et la complexité musicale de ses œuvres.

Après la mort de Mozart en 1791, son épouse, Constanze Mozart, l'éleva au rang de génie. « Il fut salué comme une figure spirituelle nationale, une personne sur laquelle on pouvait s'accorder en une période de division nationale. »

Au début du XIXe siècle, l'Europe fut marquée par l'effondrement de l'ancien système féodal après les guerres napoléoniennes. Les citoyens aspiraient à la liberté et à l'unité nationale, tandis que les princes cherchaient à restaurer un pouvoir absolu.

Au XXe siècle, après l'effondrement de la vieille Europe suite aux guerres mondiales, Mozart devint un objet de désir et de nostalgie. « Nombre d'artistes et d'intellectuels recherchaient un symbole de prudence, d'ordre et d'humanité, quelque chose qui leur apporterait la stabilité en ces temps de ruine et de terreur. » Selon Meining, Mozart apporta la lumière dans ces temps obscurs.

La violoniste soliste Tianwa Yang continue de considérer Mozart et sa musique comme une idole : « Pour nous, musiciens, il est un être hors du commun, venu d’un autre univers. » Elle précise toutefois qu’il ne faut pas se laisser paralyser par l’adoration envers une telle figure. 

« Quand on écoute une musique qu’on aime, on se sent proche du compositeur et on pense le comprendre, ce qui n’est pas forcément vrai. Mais il y a une certaine connexion avec lui lorsqu’on interprète sa musique, et c’est ça qui compte », dit-elle.

Cette année, Tianwa Yang est l'artiste invitée principale du Mozartfest. Elle interprète non seulement les œuvres classiques, mais aussi des pièces contemporaines. C'est spécialement pour elle que le célèbre compositeur et clarinettiste Jörg Widmann a écrit l'Étude n° 7 pour violon seul, dite « Étude Jupiter ». Il revisite d'ailleurs régulièrement le répertoire classique, cette fois-ci avec la Symphonie « Jupiter » de Mozart. À l'instar de la Symphonie en sol mineur, elle figure parmi les œuvres les plus célèbres du compositeur. Cette œuvre sera créée le 26 juin à Wurtzbourg.

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« De par ses origines non européennes, il relie ses interrogations à la réalité contemporaine d’une société migratoire », explique le directeur artistique Meining. « Il s’intéresse à l’histoire musicale d’autres pays. »

Cependant, Evelyn Meining révèle qu'en fin de compte, Mozart survivra et ne sera pas déboulonné de son piédestal.