LE MONDE

Macron dément avoir mis en garde contre la trahison de l'Ukraine par les États-Unis.

Emanuel Macron

Photo : Presse associée

Lors d'une visite en Chine, le président français Emmanuel Macron a démenti les informations selon lesquelles il aurait averti que les États-Unis pourraient trahir l'Ukraine dans le cadre d'un accord de paix. Il a souligné que l'unité entre l'Europe et les États-Unis était essentielle au soutien apporté jusqu'à présent et qu'elle devait se poursuivre.

Le président français Emmanuel Macron a déclaré vendredi que l'unité entre l'Europe et les États-Unis était essentielle pour soutenir l'Ukraine, et a souligné qu'il n'y avait pas de « méfiance » entre eux. 

Lors d'une visite en Chine, Macron a déclaré démentir catégoriquement tout ce qui est rapporté par le journal « Der Spiegel », selon lequel il aurait mis en garde contre la possibilité d'une trahison des États-Unis envers l'Ukraine. 

« Nous avons besoin des États-Unis d'Amérique pour instaurer la paix. Les États-Unis d'Amérique ont besoin de nous pour que cette paix soit solide et durable. Et il n'existe aucun scénario permettant d'atteindre une paix durable en Ukraine sans les efforts conjoints des Européens, des Américains, des Canadiens, des Australiens, des Japonais et de tous ceux qui, autour de cette table, font partie de cette coalition des volontaires », a souligné Macron.

Le magazine allemand Der Spiegel a fait état d'un récent entretien téléphonique entre le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Angela Merz. Selon cet article, un certain scepticisme a été exprimé quant aux efforts déployés par le gouvernement américain et ses émissaires pour négocier la paix entre l'Ukraine et la Russie. Toujours selon Der Spiegel, Emmanuel Macron aurait averti les dirigeants européens qu'« il est possible que les États-Unis trahissent l'Ukraine sur la question territoriale, en l'absence de garanties de sécurité claires ».

Le président français s'est également entretenu avec son homologue chinois, Xi Jinping, au sujet de l'Ukraine. Le dernier jour de sa visite en Chine, il a évoqué la nécessité d'une paix « forte et durable » en Ukraine et a souligné qu'elle ne pouvait être atteinte sans l'Europe.

« Nous sommes les garants de la sécurité, nous sommes ceux qui peuvent aussi discuter des sanctions, nous sommes ceux qui détiennent les avoirs russes gelés, et c’est grâce à ce partenariat que nous serons efficaces », a déclaré Macron.

Le chancelier allemand Friedrich Merz, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le Premier ministre belge Bart De Wever ont évoqué la question des avoirs russes. Ces discussions ont été qualifiées d'urgentes, l'UE s'efforçant de sauver son plan de financement pour l'Ukraine, qui inclut ces avoirs. Jusqu'à présent, la Belgique s'est opposée à leur utilisation.

La Russie a lancé son invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022. Moscou contrôle actuellement environ 20 % du territoire ukrainien.

Jeudi, avant sa rencontre avec le Premier ministre indien Narendra Modi, Poutine a accordé une interview à « India Today » dans laquelle, cité par l'agence de presse russe TASS, il a déclaré que la Russie « libérerait le Donbass à tout prix, par des moyens militaires ou autres ».

« Nous mettrons fin à cette guerre lorsque nous aurons atteint nos objectifs initiaux de cette opération militaire spéciale, lorsque nous aurons libéré ces territoires. C'est tout », a-t-il déclaré lorsqu'on lui a demandé ce que signifierait une victoire russe dans cette guerre.

L'une des principales exigences du Kremlin est que l'Ukraine lui cède des territoires dans la région du Donbass, que la Russie a annexés illégalement mais qu'elle ne contrôle toujours pas pleinement. 

Alors que la Russie a durci le ton sur ses revendications territoriales, que les responsables ukrainiens continuent de rejeter, la voie vers un quelconque compromis apparaît de plus en plus incertaine.