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LE MONDE

Le monde entre les mains de Trump

ATOUT

Le salut du président Donald Trump depuis la base aérienne de Dover (Photo : AP)

Le président américain Donald Trump a été au cœur des événements majeurs de 2025. Il a négocié le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, tout en intensifiant ses efforts pour parvenir à la paix entre la Russie et l'Ukraine. Mais Trump a également veillé à perturber les marchés mondiaux par le biais de droits de douane imposés au cours de l'année.

L'influence du président américain Donald Trump s'est fait sentir dans la plupart des événements majeurs de l'année 2025. Ses premières décisions, prises dès le début de son second mandat le 20 janvier, ont été déterminantes : efforts constants pour mettre fin aux conflits à Gaza et en Ukraine, rencontres historiques et parfois tendues avec certains des plus hauts dirigeants internationaux. La question ukrainienne, qu'il pensait pouvoir régler en 24 heures, s'est avérée être son plus grand défi.

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Instaurer un cessez-le-feu à Gaza

L'événement majeur qui a marqué le début de l'année 2025 a été la conclusion d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas dans la guerre de Gaza, entré en vigueur le 19 janvier. Les parties ont convenu de mettre fin aux combats après 15 mois de guerre, sous l'impulsion principale du nouveau président américain, Donald Trump, qui, avant même d'avoir officiellement pris ses fonctions pour un second mandat, avait exigé un arrêt des combats, menaçant de plonger le Moyen-Orient dans un « enfer ».

Des Palestiniens traversent une route inondée après de fortes pluies à Khan Younis, dans le sud de Gaza, le 11 décembre 2025. (Photo : AP)

L'investiture de Trump et les 200 premières commandes

Donald Trump a prêté serment pour un second mandat de président des États-Unis le 20 janvier. Dès les premiers jours de son mandat, il a surpris tout le monde en signant près de 200 décrets présidentiels portant sur des sujets aussi variés que l'immigration, le changement climatique et les grâces accordées aux personnes accusées de l'attentat du Capitole. Parmi les premiers décrets figuraient la déclaration d'une urgence nationale à la frontière sud avec le Mexique, ainsi que la suppression de la citoyenneté automatique pour toute personne née aux États-Unis. Le retrait des États-Unis de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) est l'une des décisions qui a suscité une vive réaction internationale. Trump a également ordonné à l'armée de « fermer les frontières », évoquant le trafic de drogue, le trafic d'êtres humains et d'autres crimes liés aux passages illégaux de la frontière. Sous l'administration « Trump 2 », les États-Unis ne reconnaîtront plus que « deux genres : masculin et féminin ». Parmi les premières directives signées par Trump figure le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat. Trump s'était déjà retiré de cet accord en 2017, avant que Joe Biden n'y réintègre les États-Unis en 2021.

La découverte choquante en Syrie après la chute d'Assad

Les restes de dizaines de victimes du régime de Bachar al-Assad ont été découverts fin janvier par des secouristes de la défense civile syrienne dans deux caves distinctes à la périphérie de Damas. Plusieurs charniers ont été mis au jour depuis la chute du gouvernement d'Assad en décembre 2024. Ce régime, qui a dirigé la Syrie pendant plus de vingt ans, a eu recours à des frappes aériennes sur des zones civiles, à la torture, aux exécutions et aux détentions massives pour maintenir son emprise sur le pays et écraser les groupes d'opposition durant les treize années de guerre civile. La chute d'Assad, le 8 décembre, a poussé des centaines de familles à se précipiter vers les prisons et les morgues dans une recherche désespérée de leurs proches.

Les pourparlers américano-russes sur l'Ukraine débutent, sans l'Ukraine.

Fin février, le président américain Donald Trump a bouleversé la diplomatie internationale en envoyant de hauts responsables américains rencontrer de hauts responsables russes en Arabie saoudite. L'Ukraine n'a pas été invitée à ces pourparlers visant à mettre fin à la guerre. Aucun représentant ukrainien n'était présent à cette réunion, qui s'est tenue alors que le pays perdait du terrain face à des troupes russes plus nombreuses dans un conflit sanglant qui avait débuté trois ans auparavant. Des tensions sont apparues entre le président ukrainien Volodymyr Zelensky et Donald Trump à l'issue de cette rencontre américano-russe.

Le président Donald Trump salue le président russe Vladimir Poutine  À la base aérienne Elmendorf-Richardson, en Alaska, le 15 août 2025. (Photo : AP)

La réunion inquiétante entre Trump et Zelensky

La rencontre du 28 février à la Maison Blanche entre le président américain Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été marquée par des tensions inhabituelles. Zelensky avait prévu de signer d'importants accords avec les États-Unis lors de cette réunion. Au lieu de cela, le dirigeant ukrainien a quitté la Maison Blanche furieux. Les tensions sont apparues dans les dix dernières minutes de cette réunion de près de 45 minutes. Le président Trump et son vice-président, J.D. Vance, ont accusé Zelensky d'ingratitude et de manque de reconnaissance envers l'aide américaine pour la guerre en Ukraine. Lorsque le dirigeant ukrainien a exprimé son scepticisme quant aux promesses de Poutine de mettre fin à la guerre, Vance l'a vivement réprimandé pour avoir publiquement exprimé son désaccord avec Trump. Le ton de la conversation a alors immédiatement changé : Zelensky a commencé à se défendre tandis que Trump et son vice-président le traitaient d'ingrat et le mettaient en garde contre un soutien américain futur.

Le vice-président J.D. Vance s'adressant au président ukrainien Volodymyr Zelensky dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche, le 28 février 2025

La CDU remporte les élections allemandes, l'extrême droite double de puissance

La CDU est arrivée en tête lors des élections législatives anticipées allemandes du 23 février. Le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) a doublé son score et s'est classé deuxième. La surprise de ces élections a été le bon résultat de l'AfD, qui a obtenu 20,8 % des voix. Fondée en réaction à la politique de la zone euro en 2013, l'AfD était habituée à évoluer en marge de la vie politique allemande, dans un pays marqué par son passé nazi, où tout parti d'extrême droite est accueilli avec prudence. Le chef de la CDU, Friedrich Merz, est devenu chancelier d'Allemagne début mai. 

Le retour de la guerre à Gaza

Israël a repris ses attaques contre Gaza le 18 mars. Le cessez-le-feu a volé en éclats suite à des désaccords entre Israël et le Hamas concernant la libération des otages. La reprise des attaques visait à faire pression sur le Hamas, qui avait refusé la prolongation de la première phase du cessez-le-feu. Les habitants de la bande de Gaza, même au milieu des ruines de leurs maisons détruites par la guerre débutée en octobre 2023, n'ont plus retrouvé le calme retrouvé. Plus de 400 Palestiniens ont été tués le premier jour de la reprise des attaques, l'une des journées les plus meurtrières du conflit.

Le principal rival d'Erdogan arrêté

Quelques jours avant d'être désigné candidat du principal parti d'opposition turc à l'élection présidentielle, le maire d'Istanbul, Ekrem İmamoğlu, a été arrêté le 19 mars. Principal rival du président Recep Tayyip Erdoğan, il était pressenti pour remporter l'élection présidentielle de 2028. Le parquet d'Istanbul a indiqué que cette arrestation s'inscrivait dans le cadre d'une enquête pour corruption et collaboration avec une organisation considérée comme terroriste par la Turquie. La détention d'İmamoğlu a déclenché des manifestations à Istanbul, des milliers de personnes descendant dans les rues pour protester contre cette mesure.

Des personnes se sont rassemblées devant la municipalité d'Istanbul pour protester contre l'arrestation d'Ekrem Imamoglu, le 19 mars 2025. (Photo : AP).

Trump « déclenche une guerre commerciale »

L'annonce, le 3 avril, par le président américain Donald Trump, de nouvelles taxes douanières sur les importations américaines a provoqué une onde de choc à travers le monde. Qualifiant cette journée de « Jour de la Libération » pour l'Amérique, Trump a affirmé placer les intérêts de son peuple au premier plan. Ces taxes ont déstabilisé les marchés mondiaux et suscité la condamnation d'autres dirigeants confrontés à la fin d'une ère de libéralisation des échanges qui a façonné l'ordre mondial pendant des décennies. Trump avait soutenu que ces nouvelles taxes stimuleraient la production nationale américaine et créeraient des emplois.

La mort du pape François

Le pape François est décédé le 21 avril des suites d'un accident vasculaire cérébral. Présidents, membres de familles royales et citoyens lui ont rendu un dernier hommage lors d'une cérémonie solennelle, invitant à perpétuer son héritage de soutien aux migrants, aux opprimés et à la protection de l'environnement. Le pontife argentin, qui a régné pendant douze ans, est décédé à l'âge de 88 ans. Premier pape latino-américain, il avait appelé à plusieurs reprises, durant son pontificat, à la fin des conflits. François, qui avait toujours refusé les fastes et les privilèges liés à la papauté, avait demandé à être inhumé dans la basilique Sainte-Marie plutôt qu'à Saint-Pierre. C'était la première fois depuis plus d'un siècle qu'un pape était enterré hors du Vatican.

Élection du nouveau pape

Plus de 130 cardinaux ont élu un nouveau pape le 8 mai, deuxième jour du conclave au Vatican. L'Américain Robert Prévost a été élu. Il portera le nom de Léon XIV. Son parcours et ses idées ont suscité des interrogations.  Parmi les théologiens et les universitaires, Robert Prevost, né à Chicago, a été élu 267e pape, brisant ainsi la tradition qui empêchait d'élire un pape originaire des États-Unis.

Le pape Léon XIV, nouvellement élu, apparaît au balcon de la basilique Saint-Pierre au Vatican, le 8 mai 2025. (Photo : AP)

La rencontre historique de Trump avec le dirigeant syrien

Une rencontre historique a eu lieu le 14 mai à Riyad, en Arabie saoudite. Le président américain Donald Trump s'est entretenu en tête à tête avec le président par intérim syrien, Ahmed al-Charaa. Il s'agissait de la première rencontre entre les dirigeants des deux pays depuis 2000. La veille, lors d'un discours prononcé à Riyad dans le cadre de sa visite de quatre jours au Moyen-Orient, M. Trump avait annoncé la levée des sanctions imposées à la Syrie depuis près de quarante ans. Quant au président Charaa, pour lequel les États-Unis avaient offert 10 millions de dollars un an auparavant en raison de ses liens passés avec Al-Qaïda, M. Trump l'a qualifié d'homme séduisant, ancien combattant.

Le président Donald Trump serre la main du président intérimaire syrien, Ahmad al-Charia, à Riyad, en Arabie saoudite, le 14 mai 2025. (Photo : AP)

Un avion s'écrase en Inde peu après le décollage.

Un Boeing 787 s'est écrasé en Inde le 12 juin, quelques minutes après son décollage, avec plus de 240 personnes à bord. L'avion s'est abîmé dans la ville d'Ahmedabad, au nord-ouest du pays. Une seule personne a survécu. Des débris de l'appareil se sont détachés et sont tombés sur un centre hospitalier universitaire d'Ahmedabad, portant le bilan total à 270 morts. Il s'agit du premier accident mortel depuis la mise en service de cet appareil, également connu sous le nom de Dreamliner, en 2009, selon la base de données du Réseau de sécurité aérienne (Aviation Safety Network).

L'épave de l'avion indien au-dessus du bâtiment où il s'est écrasé peu après le décollage, le 12 juin 2025. (Photo : AP).

Les États-Unis attaquent l'Iran

Le président américain Donald Trump, qui n'avait pas eu à faire face à de crise internationale majeure durant son premier mandat, s'est retrouvé impliqué dans une telle crise seulement six mois après le début de son second mandat. Le 21 juin, il a donné son feu vert à une frappe américaine contre l'Iran, entraînant ainsi les États-Unis dans le conflit israélo-iranien. Cette autorisation est intervenue après plus d'une semaine de frappes aériennes israéliennes contre les installations nucléaires et militaires iraniennes, ouvrant la voie à une frappe américaine potentiellement décisive. Les États-Unis ont frappé trois installations nucléaires iraniennes le samedi 21 juin : Fordow, Natanz et Ispahan.

Rencontre historique Trump-Poutine

Le sommet tant attendu et largement commenté entre le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine, qui s'est tenu le 16 août en Alaska, n'a pas apporté la paix en Ukraine. Les deux présidents se sont mutuellement complimentés et ont qualifié la rencontre de réussie, sans toutefois fournir de détails sur les sujets abordés concernant l'Ukraine au cours de ces deux heures d'entretien. Trump a accueilli Poutine sur un tapis rouge déroulé sur le tarmac de la base aérienne conjointe Elmendorf-Richardson. Les deux dirigeants se sont serré la main chaleureusement et ont échangé des sourires. Ce fut un moment marquant pour Poutine, un dirigeant mis au ban par la plupart des pays occidentaux depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par Moscou en 2022.

Le plan de Trump met fin à la guerre à Gaza

Quelques jours avant le deuxième anniversaire du début de la guerre à Gaza, Israël et le Hamas ont accueilli favorablement le plan en 20 points du président américain Donald Trump pour un cessez-le-feu. Selon ce plan, entré en vigueur le 10 octobre, le Hamas devait libérer sous trois jours ses 48 derniers otages, dont une vingtaine étaient encore en vie. Il devait également renoncer au pouvoir et désarmer. En contrepartie, Israël devait mettre fin à son offensive, se retirer de la majeure partie de Gaza, libérer des centaines de prisonniers palestiniens et permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et la reconstruction. Or, même la première phase n'est pas achevée, le Hamas détenant toujours des otages israéliens.

Rencontre Trump-Xi

La rencontre entre le président américain Donald Trump et le président chinois Xi Jinping, le 30 novembre en Corée du Sud, a semblé apaiser les tensions, notamment commerciales, entre les deux pays. Cependant, au-delà de quelques accords de base, les problèmes de fond à l'origine de ces tensions commerciales n'ont pas été résolus. Les discussions n'ont pas abordé les points essentiels évoqués par Trump lors de l'annonce de ses droits de douane en avril : la politique industrielle de la Chine, la surcapacité de production et son modèle de croissance axé sur les exportations. Le président américain est néanmoins ressorti de la réunion enthousiaste, annonçant par la suite une réduction des droits de douane sur les importations chinoises, qui passeraient d'environ 57 % à 47 %. Il a affirmé que Xi s'efforcerait de stopper l'acheminement des produits chimiques utilisés pour fabriquer l'opioïde mortel, principale cause de décès par overdose aux États-Unis.

Le plan en 28 points de Trump pour l'Ukraine

Au cours de la dernière semaine de novembre, un plan élaboré par l'administration Trump visant à mettre fin à la guerre entre l'Ukraine et la Russie a fuité dans les médias. Selon les informations disponibles, ce nouveau projet prévoit que Kiev cédera une partie de son territoire et réduira ses capacités militaires. Ce plan en 28 points a suscité de vives réactions en Ukraine et en Europe, sa version initiale étant jugée favorable aux exigences russes. Les responsables américains ont indiqué que le plan était encore en cours d'élaboration et que tout accord final devait inclure des concessions des deux parties, et non pas seulement de l'Ukraine. Plusieurs séries de réunions ont déjà eu lieu entre les envoyés de Trump et les parties ukrainienne et russe, mais aucun progrès notable n'a été constaté. L'Ukraine, avec ses alliés européens, a récemment préparé un nouveau plan qui, selon Zelensky, envisage la possibilité d'un retrait des troupes ukrainiennes de la région orientale, à condition que celle-ci demeure une zone économique spéciale démilitarisée et libre, sous supervision internationale. 

Poutine rejette tout compromis sur l'Ukraine

En décembre, le président russe Vladimir Poutine a indiqué qu'il ne transigerait pas sur ses exigences de cession de territoire par l'Ukraine, malgré les efforts de paix intensifs du président américain Donald Trump. Lors d'un discours virulent prononcé au sommet annuel, Poutine a fustigé les alliés européens de l'Ukraine et déclaré que la Russie s'emparerait de territoires par la force si nécessaire. La question du territoire et des garanties de sécurité pour l'Ukraine s'avère être l'un des points les plus épineux des négociations de paix. La Russie a annexé illégalement la région ukrainienne du Donbass, mais ne l'occupe pas totalement. Le 15 décembre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que Kiev ne reconnaîtrait pas la partie temporairement occupée du Donbass oriental comme étant légalement ou de facto russe.

La rencontre « progressiste » entre Trump et Zelensky

Lors d'une rencontre en Floride le 28 décembre, Donald Trump et Volodymyr Zelensky ont déclaré que des progrès avaient été réalisés pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Cependant, le président américain a ajouté qu'il restait « un ou deux points très difficiles à régler ». Trump a notamment évoqué la question territoriale. Le lendemain de la rencontre, Zelensky a indiqué à la presse avoir demandé aux États-Unis des garanties de sécurité pour une durée de 50 ans, alors que, selon lui, le plan de paix américain n'en prévoit que pour 15 ans.