La nécessité éventuelle de nouvelles élections pourrait aggraver la crise institutionnelle du pays. En l'absence d'une Assemblée fonctionnelle, de nombreuses initiatives législatives risquent d'être bloquées et les institutions de rester dirigées par des chefs intérimaires et des conseils d'administration incomplets. Les organisations de la société civile exigent la nomination au plus vite de la nouvelle composition de la Commission électorale centrale, car son absence pourrait compromettre la préparation et la légitimité de nouvelles élections, si celles-ci sont organisées prochainement.
La dissolution éventuelle de l'Assemblée et la tenue d'élections seulement deux mois après les dernières auront de nombreuses conséquences politiques, estiment ceux qui connaissent bien la situation.
Le blocage d'un an, l'an dernier, de la constitution des institutions et la nouvelle crise institutionnelle qui pourrait suivre le décret présidentiel laisseront derrière eux une série de projets de loi sans approbation, des institutions dirigées par des chefs intérimaires, des conseils d'administration incomplets pour les entreprises publiques et les institutions indépendantes, ainsi que des retards dans l'intégration européenne.
Sur le plan législatif, l'Assemblée devait examiner 170 projets de loi au cours des deux prochaines années.
Njomza Arifi, directrice exécutive du Groupe d'études politiques et juridiques, affirme que la nouvelle crise aura un impact négatif sur le fonctionnement institutionnel, les processus de réforme et le développement économique du Kosovo.
« L’aggravation de la crise politique nous place dans une situation encore plus périlleuse, car des processus essentiels resteront bloqués en l’absence d’une Assemblée dysfonctionnelle. De ce fait, de nombreuses initiatives législatives vitales seront bloquées, ce qui aura un impact direct sur le bien-être des citoyens du Kosovo. Une telle situation aura inévitablement des conséquences sur le fonctionnement normal des institutions. De nombreux conseils d’administration d’entreprises publiques demeurent dysfonctionnels et, étant dépendants du pouvoir exécutif, la crise institutionnelle affecte leur non-exécution, mettant en péril leur fonctionnement régulier », a déclaré Arifi.
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Le Parlement ne se presse pas de reprendre ses sessions, même s'il risque d'être dissous après le 28 avril.
Dans la situation actuelle, où l'Assemblée est dysfonctionnelle et où le pays pourrait être confronté à de nouvelles élections, la Commission électorale centrale pourrait également se retrouver sans nouvelle composition, ce qui pourrait remettre en cause la préparation et la légitimité des élections.
L'organisation « Démocratie en action » a appelé les partis parlementaires à proposer des candidats et le président à nommer sans délai de nouveaux membres du CEC.
« À l’heure où le pays est confronté à des événements qui devraient mener à un nouveau processus électoral et où approche le 11 mars – date limite légale de cette procédure –, la conclusion du processus de nomination de la nouvelle composition de la Commission électorale centrale (CEC) revêt une importance accrue. En effet, la législation actuelle ne prévoit plus la prolongation automatique du mandat de la composition actuelle de la CEC jusqu’à la nomination de la nouvelle, en cas d’élections, comme le prévoyait la loi précédente », indique l’appel du DnV.
Sur les 34 institutions et agences indépendantes supervisées par l'Assemblée du Kosovo, plus de dix sont dépourvues de conseils d'administration fonctionnels ou de dirigeants dotés d'un mandat complet.
Parmi elles figure la Cour constitutionnelle, qui compte deux juges absents, et la démission ou l'expiration du mandat d'un seul de ceux actuellement en fonction rendrait cette institution inopérante.
Par ailleurs, Arifi de GLPS affirme qu'il y aura également des conséquences au niveau de l'intégration.
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L'année dont on compte les conséquences
« Au niveau de l'intégration, le retard dans la mise en œuvre des réformes auxquelles le Kosovo s'est engagé en matière d'intégration européenne va s'aggraver, notamment en ce qui concerne le programme de réforme du plan de croissance assorti de délais de mise en œuvre stricts, mettant ainsi en péril des millions d'euros de bénéfices pour le pays », a déclaré Arifi.
L’Assemblée, dont les travaux sont suspendus dans l’attente de la décision de la Cour constitutionnelle, ne prendra pas non plus en considération un certain nombre d’accords internationaux d’une valeur de 120 millions d’euros, qui lui ont été transmis vendredi par le gouvernement.
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