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Serveur : Kosovo mentionné dans le document, mais pas nécessairement prioritaire

L'inclusion du Kosovo dans la loi de défense signée par le président américain Donald Trump a été perçue comme un signal politique important de Washington, notamment en raison de la réaffirmation de la reconnaissance mutuelle avec la Serbie et du rejet des divisions territoriales sur des bases ethniques. Cependant, Daniel Serwer, expert américain des Balkans, a averti que cette loi devait être interprétée davantage comme une tentative de freiner les évolutions néfastes de la politique américaine à l'égard du Kosovo que comme une nouvelle garantie de soutien inconditionnel de Washington.

La signature de la loi de défense par le président des États-Unis, Donald Trump, a replacé le Kosovo au cœur du débat politique à Washington. L'inclusion du Kosovo dans ce document, ainsi que la réaffirmation de la reconnaissance mutuelle comme base d'un accord définitif avec la Serbie et l'opposition à toute division territoriale fondée sur des critères ethniques, ont été interprétées comme un signal positif quant au maintien du soutien américain.

Cependant, selon Daniel Serwer, expert américain des Balkans, cette langue doit être lue avec beaucoup d'attention.

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Selon Serwer, l'inclusion de ces formulations n'est pas nécessairement l'expression d'un fort consensus politique aux États-Unis, mais plutôt une réaction aux efforts intenses des lobbyistes visant à modifier la politique américaine traditionnelle à l'égard du Kosovo.

« Bien que j'apprécie le texte approuvé par le Congrès, il serait erroné de l'interpréter comme un signe sans équivoque. Ce texte a été inclus car les lobbyistes s'efforcent de renverser la politique américaine traditionnelle, qui privilégie la souveraineté et l'intégrité territoriale du Kosovo, ainsi que la reconnaissance mutuelle avec la Serbie. Il s'agit d'une tentative pour contrer ces lobbyistes, et elle fonctionnera jusqu'à un certain point. Mais le président dispose d'une autorité quasi absolue en matière de politique étrangère, et Trump trouve de telles restrictions agaçantes. Je ne peux donc pas vous garantir qu'il respectera le texte de loi », a déclaré Serwer.

Il a estimé que le Congrès avait tenté d'imposer une sorte de « retenue » aux idées qui entrent en conflit avec le principe de souveraineté et d'intégrité territoriale du Kosovo, mais a averti que cette protection était limitée.

Concernant le dialogue entre le Kosovo et la Serbie, Serwer a déclaré que le Kosovo devrait continuer à avoir la reconnaissance mutuelle comme objectif principal, mais il a exprimé son scepticisme quant au fait que cette loi rende cet objectif plus réalisable qu'auparavant.

Même concernant la perspective euro-atlantique, Serwer a exprimé des réserves. Il a souligné que l'administration Trump avait fait preuve d'hostilité envers l'Union européenne et n'avait pas soutenu l'élargissement de l'OTAN, ce qui rendait difficile de déterminer un soutien réel à l'adhésion du Kosovo à ces structures.

« Le Kosovo devrait toujours viser la reconnaissance mutuelle. Mais rien ne me permet de croire que cela soit plus probable aujourd’hui qu’avant la signature de la loi. De même, rien ne me permet de croire que l’administration soutiendra l’adhésion du Kosovo à l’UE ou à l’OTAN. La stratégie de sécurité nationale du président est hostile à l’UE. Il n’a jamais été favorable à l’élargissement de l’OTAN. L’enjeu principal est de bloquer ou de ralentir les changements de politique américaine qui pourraient nuire au Kosovo. Certains militent pour ces changements. Les bloquer exige une vigilance constante », a-t-il souligné.  

Selon Serwer, la bataille principale se déroule en coulisses, entre différents groupes de pression et intérêts, et exige une attention constante de la part des institutions et de la diplomatie du Kosovo pour protéger les intérêts du pays.

Le président américain Donald Trump a promulgué jeudi la loi sur la politique de défense, d'un montant de près de 1 000 milliards de dollars, qui inclut le Kosovo. Ce document de 3 000 pages souligne l'importance stratégique du Kosovo au sein des Balkans occidentaux et réaffirme l'engagement des États-Unis en faveur de la paix, de la stabilité, de la démocratie et du développement économique dans la région.

Une section distincte est consacrée aux relations entre le Kosovo et la Serbie. Les parties sont encouragées à mettre en œuvre l'accord de Bruxelles conclu le 27 février 2023, tout en excluant toute modification des frontières dans les Balkans.

Une fois que des progrès auront été réalisés dans le dialogue, les États-Unis ont énuméré les actions qu'ils pourraient entreprendre, notamment s'engager en faveur d'un accord fondé sur la reconnaissance mutuelle, ainsi que d'établir un dialogue stratégique entre Washington, le Kosovo et la Serbie. 

La loi prévoit un soutien continu aux réformes démocratiques et à l'état de droit dans les Balkans occidentaux, au développement économique, à l'augmentation des investissements et au renforcement des institutions.