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Le patriarche serbe envoie une lettre de propagande au pape, à Poutine et à Trump : « Arrêtez la loi sur les étrangers au Kosovo ! »

Porphyrie - Vladimir Poutine

Le chef de l'Église orthodoxe serbe, le patriarche Porfirije, a adressé une lettre aux dirigeants du monde entier, leur demandant « d'user de leur autorité » pour que le Kosovo suspende l'application de la loi sur les étrangers.

Selon un communiqué de l'Église, Porfirie a écrit au pape Léon XIV, au président russe Vladimir Poutine, au président américain Donald Trump, au président français Emmanuel Macron, à la Première ministre italienne Giorgia Meloni et au Premier ministre britannique Keir Starmer. La lettre a également été envoyée au chancelier allemand Friedrich Merz, au secrétaire général des Nations Unies António Guterres et au directeur général de l'UNESCO Khaled El Enani.

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Sans avancer le moindre argument, il a exigé que ces responsables usent de leur autorité pour que « Pristina cesse d'appliquer cette loi extrêmement discriminatoire ».

Selon lui, cette loi affecte l'engagement des étudiants et des élèves du nord qui suivent des cours dans le cadre du programme d'État serbe, mais aussi le système de santé des Serbes du Kosovo.

Il a également affirmé que la mise en œuvre de cette loi entraînerait le départ des Serbes du Kosovo.

« Les Serbes perdraient la possibilité d'être éduqués et soignés, et les personnels de l'éducation et de la santé perdraient leur emploi, ce qui entraînerait un exode massif, voire définitif, des Serbes orthodoxes de ce pays chrétien séculaire, où, à ce jour, environ 1 300 églises, monastères et autres lieux saints orthodoxes ont été détruits », indique sa lettre.

La loi relative aux étrangers a été adoptée en 2013 et celle relative aux véhicules en 2017. Leur mise en œuvre, initialement prévue pour la fin de l'année dernière, a été reportée à janvier. Les autorités kosovares ont mené une campagne d'information pendant plusieurs semaines durant cette période. Elle a ensuite été de nouveau reportée au 15 mars.

Dans le cadre de cette campagne, la police et le ministère de l'Intérieur ont diffusé des tracts et des communiqués au public en albanais, en serbe et en anglais depuis le 15 janvier, tandis que le Premier ministre Albin Kurti a également informé les ambassadeurs et les représentants diplomatiques accrédités au Kosovo des initiatives juridiques.

Le ministère de l'Intérieur, suite à l'entrée en vigueur de la loi sur les étrangers et de la loi sur les véhicules, a publié un document d'orientation destiné à informer les citoyens étrangers de leurs obligations légales lors de leur entrée, de leur séjour et de leur emploi en République du Kosovo.

L'annonce précisait qu'à son entrée en République du Kosovo, l'étranger devait : être muni d'un document de voyage valide ; être muni d'un visa ou d'un permis de séjour, le cas échéant ; respecter le but et la durée de son séjour ; déclarer son adresse de résidence dans les trois (3) jours suivant son entrée, à la frontière ou au poste de police le plus proche ; disposer de ressources suffisantes ; respecter les lois de la République du Kosovo ; ne pas être interdit d'entrée et de séjour en République du Kosovo ; ne pas constituer une menace pour la sécurité de l'État, l'ordre public et la santé.

En cas de séjour de courte durée, il est précisé que : l’étranger peut séjourner jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours sans visa ou avec un visa lorsque celui-ci est requis. Durant cette période, il est précisé qu’aucun travail n’est autorisé sans permis de travail et que tout séjour de plus de 90 jours nécessite une demande de titre de séjour.

« Pour un séjour au Kosovo à des fins professionnelles : un permis de séjour temporaire pour travail est requis ; un permis de travail est également requis ; une licence préalable est nécessaire pour toute demande de permis de travail concernant une profession qui en requiert une ; travailler sans permis est interdit. Les demandes de permis de travail se font auprès de l’Agence pour l’emploi », précise le communiqué.

Le ministère avait également fourni des précisions concernant les séjours au Kosovo pour d'autres raisons.

« Pour des raisons d’études, de regroupement familial ou autres raisons humanitaires, de recherche scientifique et dans d’autres circonstances prévues par la loi, il est nécessaire d’obtenir un permis de séjour temporaire et de satisfaire à d’autres critères légaux en fonction du motif du séjour. La demande peut être déposée auprès des missions diplomatiques ou consulaires ou auprès du DCAM, dans les cas où l’étranger est entré en République du Kosovo et n’a pas besoin de visa », précise le communiqué.

Lorsque les dispositions légales relatives à l'entrée, à la circulation, au séjour et à l'emploi des étrangers ne sont pas respectées, les autorités compétentes sont habilitées à prendre les mesures prévues par la loi, qui peuvent inclure, sans toutefois s'y limiter : « l'annulation du permis de séjour, l'imposition d'une amende, l'ordre de départ et l'interdiction d'entrée sur le territoire de la République du Kosovo ».

La loi relative aux étrangers stipule que toute personne ne possédant pas de documents kosovars doit solliciter un permis de séjour dans un délai de 72 heures. Par ailleurs, la loi relative aux véhicules précise que tout véhicule immatriculé à l'étranger ne peut circuler dans le pays pendant plus de trois mois, sauf autorisation.

Ces mesures devraient affecter principalement les citoyens de Serbie et d'Albanie.

Ces lois ont rencontré l'opposition des autorités serbes et de la Liste serbe.

Le parti d'opposition serbe, le Nouveau Parti démocratique, a annoncé une manifestation samedi de Raška à Jarinje avec le slogan : « Les Serbes ne sont pas des étrangers dans leur propre pays. »

« À l'occasion de l'entrée en vigueur de la loi sur les étrangers, adoptée par les institutions provisoires de Pristina, qui – selon ce message – vise le peuple serbe vivant au Kosovo, nous invitons tout le monde à un rassemblement de soutien à tous les Serbes vivant au Kosovo ! Ils ont plus que jamais besoin de nous ! », peut-on lire dans le communiqué du parti.

Cette entité a annoncé un blocus routier de deux heures au poste frontière de Jarinje, à partir de 12 h 44, en référence à la résolution 1244 de l'ONU sur le Kosovo.

Les objections de la Serbie à ces lois sont liées au fait qu'il existe encore des résidents serbes dans le nord du pays qui ne sont pas munis de documents kosovars, ainsi qu'à celui des citoyens serbes travaillant au Kosovo qui seront contraints d'obtenir des permis de travail auprès des institutions kosovares.

Une autre raison tient à la forte présence de véhicules immatriculés en Serbie, que les habitants du nord seront contraints de retirer du pays tous les trois mois.