Un groupe de députés européens a adressé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et à la commissaire à l'élargissement, Marta Kos, demandant la levée immédiate de toutes les mesures imposées au Kosovo. Le rapporteur du Parlement européen pour le Kosovo, Riho Terras, a déclaré que ces mesures étaient injustes, disproportionnées et contre-productives dès le départ. Selon Augustin Palokaj, correspondant de KOHË à Bruxelles, l'avenir de ces mesures politiques reste incertain.
Un groupe de députés européens a adressé des appels à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et à la commissaire à l'élargissement, Marta Kos, pour exiger la levée immédiate de toutes les mesures imposées au Kosovo.
L’information a été annoncée par le rapporteur pour le Kosovo au Parlement européen, Riho Terras, dans un message publié sur la plateforme X, où il a également rendu publique la lettre adressée aux hauts responsables de l’UE.
Soutenez le TEMPSPréservez la vérité.
Le journalisme professionnel est d'intérêt public. Votre soutien contribue à préserver son indépendance et sa crédibilité. Faites un don, vous aussi. 1 euro fait la différence.
Lettre au lecteur — Pourquoi nous sollicitons votre soutien Contribuer« Nous, députés européens soussignés, exigeons la levée immédiate des mesures punitives imposées au Kosovo en 2023. Ces mesures, élaborées et imposées par la Commission européenne, ont été injustes, disproportionnées et contre-productives dès leur origine. Elles n'ont eu aucun objectif réel depuis leur mise en place, et l'Union européenne n'a rien obtenu d'autre qu'une dégradation de son image auprès de l'opinion publique kosovare », indique la lettre. « L'impact négatif de ces mesures sur la société kosovare est extrêmement profond et se fait sentir dans de nombreux domaines. Les organisations de la société civile, les secteurs culturel et éducatif, les petites et moyennes entreprises, le secteur de l'énergie et bien d'autres encore souffrent de ces mesures injustifiées. »
L'UE a imposé ces mesures suite à la décision du gouvernement d'ignorer les appels à suspendre les actions visant à étendre la constitutionnalité au nord du pays, majoritairement peuplé de Serbes. Ces mesures ont été prises après que les autorités bruxelloises ont estimé que la situation s'était aggravée avec la nomination de maires albanais dans les bâtiments municipaux du nord, élus lors d'un processus électoral boycotté par les Serbes.
Dans la lettre que les députés européens ont adressée aux hauts responsables de l'UE, il est écrit que l'impact des mesures punitives se fait principalement sentir au niveau local et moins au niveau gouvernemental.
« Il est impératif de mettre fin aux sanctions infligées au peuple kosovar par de telles mesures, en levant intégralement ces dernières. La levée de 50 % est insuffisante. C’est pourquoi nous demandons à la Commission européenne d’y mettre fin immédiatement. Cette décision doit être prise avant les élections à l’Assemblée du Kosovo, prévues le 28 décembre 2025 », indique la lettre.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré lors du sommet UE-Balkans occidentaux de la semaine dernière que les mesures prises contre le Kosovo seraient levées. Cette annonce faisait suite à la transition du pouvoir dans les quatre municipalités du nord, qui s'est déroulée conformément à la constitution et aux lois du Kosovo.
« Bonne nouvelle pour le Kosovo ! La transition du pouvoir local dans le nord, suite aux dernières élections locales, s’est déroulée pacifiquement. Grâce à cela, je suis heureuse d’annoncer que nous progressons vers la levée des mesures prises contre le Kosovo. Nous prévoyons une aide financière de 216 millions d’euros, dont 205 millions seront débloqués début 2024 », a-t-elle écrit dans « X ».
Le correspondant de KOHË à Bruxelles, Augustin Palokaj, a déclaré que la demande des membres du Parlement européen était logique, car ils avaient déjà été frustrés par les mesures prises par la Commission contre le Kosovo.
« D’autre part, la déclaration de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, selon laquelle les mesures seront levées intégralement a visiblement surpris ses collaborateurs et les fonctionnaires de la Commission, car ce sont précisément les structures de la Commission européenne qui ont manipulé la possibilité de maintenir les mesures contre le Kosovo. Désormais, elles aussi n’ont plus d’autre choix et l’on s’attend à ce que les mesures soient levées intégralement immédiatement après les élections au Kosovo, au plus tard fin janvier, du moins en ce qui concerne les mesures relatives aux possibilités financières », a souligné Palokaj.
Palokaj ajoute qu'il est encore difficile de prévoir le sort des mesures politiques.
« Le refus de rencontrer les hauts responsables du Kosovo, ainsi que les mesures prises par la plupart des États membres, n'ont de toute façon pas été respectés. Par ailleurs, l'absence de réunions de haut niveau était surtout liée au fait que le Kosovo n'avait pas encore mis en place de structures étatiques pleinement légitimes après les dernières élections. Si, rapidement, et immédiatement après les élections, les institutions du Kosovo sont constituées, alors on peut s'attendre à ce que les mesures politiques soient également appliquées », a-t-il souligné.
La présidente Vjosa Osmani a également déclaré lors du sommet avoir reçu la confirmation de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, que les mesures seraient totalement levées en janvier.
« À l’issue de discussions intensives avec nos partenaires, il a été décidé de lever toutes les mesures imposées au Kosovo. Une grande partie de ces mesures a été levée aujourd’hui, et le reste à la fin du mois de janvier. Par conséquent, les fonds seront également débloqués, une très grande partie immédiatement et une autre partie à la fin du mois de janvier », a-t-elle déclaré.
Selon la lettre, le directeur général de l'élargissement de l'Union européenne, Gert Jan Koopman, a débloqué des fonds pour quatre projets suite à ce qui a été considéré comme « le transfert effectif des compétences locales dans le nord » après les élections d'octobre.