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La Cour constitutionnelle conclut que le tribunal a violé les droits d'un citoyen.

Cour constitutionnelle

Suite à la plainte d'un citoyen, la Cour constitutionnelle a constaté que la durée d'une procédure judiciaire relative à une indemnisation patrimoniale, s'étendant sur plus de onze ans, portait atteinte à son droit à un procès équitable dans un délai raisonnable, garanti par l'article 31 de la Constitution. La Cour a enjoint à la Cour constitutionnelle de statuer sur l'affaire avec une diligence accrue, dans les meilleurs délais et conformément à ses conclusions.

La Cour constitutionnelle a jugé vendredi que les tribunaux ordinaires avaient violé les droits fondamentaux d'un citoyen, garantis par la plus haute loi de l'État. Cette décision fait suite à une requête déposée par Blerim Kopreshi, contestant la constitutionnalité de la durée de la procédure devant le tribunal de première instance de Prizren.

« La Cour, à l’unanimité, (i) a déclaré la requête recevable ; et (ii) a constaté qu’il y avait eu violation du paragraphe 2 de l’article 31 [Droit à un procès équitable et impartial] de la Constitution de la République du Kosovo et du paragraphe 1 de l’article 6 (Droit à un procès équitable) de la Convention européenne des droits de l’homme », peut-on lire dans l’annonce de la Cour constitutionnelle sur cette affaire.

Selon les informations du tribunal, les circonstances de l'affaire sont liées à la demande d'annulation de la décision concernant la déclaration du bien litigieux comme zone d'intérêt général et la décision finale d'expropriation du bien litigieux par l'Assemblée municipale de Prizren, dans le cadre d'une procédure administrative.

L'affaire est devant les tribunaux depuis 2014.

« Le requérant a contesté devant la Cour la durée de la procédure judiciaire engagée contre lui, faisant valoir que son droit à ce que justice soit rendue dans un délai raisonnable, garanti par le paragraphe 2 de l’article 31 [Droit à un procès équitable et impartial] de la Constitution, combiné à l’article 6 (Droit à une procédure régulière) de la Convention européenne des droits de l’homme, avait été violé. Il a également soutenu que l’absence d’indemnisation pendant plus de dix ans constituait une violation fondamentale de son droit de propriété, car il avait été privé de ses biens sans indemnisation et sans procédure régulière, en violation du droit de propriété garanti par l’article 46 [Protection de la propriété] de la Constitution », indique le communiqué de la Cour.

Pour examiner les prétentions du requérant, la Cour a développé les points suivants :  les principes généraux de sa jurisprudence et de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme concernant le droit à une décision dans un délai raisonnable, et les ont ensuite appliqués aux circonstances de l'espèce.

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« La Cour a constaté que la durée de la procédure relative à l’affaire [C. n° 77/20] devant le Tribunal de première instance, soit plus de 11 (onze) ans, est déraisonnable, pour les raisons suivantes : (i) l’affaire du requérant ne présente pas une complexité telle qu’elle justifie une durée excessive constatée en première instance ; (ii) le requérant s’est montré relativement actif dans le règlement de son affaire ; et (iii) le Tribunal de première instance, malgré les mesures procédurales prises en ne tenant qu’une seule audience et les mesures relatives à l’incompétence matérielle, a déclaré être toujours en train de statuer, ce qui a entraîné une lenteur et une inefficacité dans le règlement de l’affaire dans un délai raisonnable », indique le communiqué de la Cour constitutionnelle.

La Cour a constaté que la durée de la procédure dans cette affaire, soit plus de 11 ans, et seulement après le retour de l'affaire à la juridiction compétente, pendant environ 5 ans sans qu'aucune audience n'ait eu lieu, violait son droit à un procès dans un délai raisonnable, garanti par l'article 31 de la Constitution combiné à l'article 6 de la CEDH.

La Cour constitutionnelle a décidé qu'après la publication de son arrêt, le Tribunal de première instance devait prendre toutes les mesures nécessaires pour conclure l'affaire du requérant avec une priorité et un dynamisme accrus, dans les plus brefs délais et conformément aux conclusions de la Cour.